Rechercher dans ce blog

lundi 29 septembre 2014

Qui sommes nous ?

Cousu Main est né (en 2005) de l'envie de faire des livres d'artistes qui, modestement, sont devenus des livres artisanaux, artisanaux car ils nécessitent souvent après la sortie de l'imprimerie une mise en forme comme un collage, un nouage ou tout autre touche de finition. Chaque publication allie un auteur/poète (un texte) à un plasticien qu'il soit photographe, peintre ou illustrateur, afin que chaque livre devienne un objet original. Le texte est de déclencheur de l'impulsion éditoriale, puis une longue (jusqu'à deux ans parfois …) maturation permet la rencontre, l'idée de la forme que prendra le livre. Ainsi, contrairement à d'autres maisons d'édition, la forme étant en perpétuelle transformation, Cousu Main ne se reconnaît que par sa diversité. (Soyons honnêtes, Cousu Main ne se reconnaît pas au premier coup d'oeil...) Il en est de même pour les textes ; ils sont choisis au fil des rencontres parmi la poésie contemporaine, la ligne éditoriale ne suivant aucun courant, n'étant soumise qu'à des coups de cœur. Avec en moyenne deux publications par an, Cousu Main suit un tranquille bonhomme de chemin qui l'inscrit dans la micro-édition.

  Les livres :




On en parle :


dimanche 28 septembre 2014

Notes de bois (Thomas Vinau)

La lumière est un âne
je le monte confiant
il n’y a rien à craindre
puisque je ne vais nulle part

De mon bureau je vois
une cabane en bois
une branche de pin
une merde de chien

Je laisse la porte ouverte
aux mouches et aux odeurs
je regarde la paille
qui ne bouge pas
sur la dalle de l’entrée
je patiente

Texte de Thomas Vinau

Je n'ai pas quatre dromadaires
ni de galion ni de vaisseau
ni d'ailes au beau milieu du dos

Le monde est grand par la fenêtre
une galaxie dans un verre d'eau
On a les sirènes qu'on mérite

Au petit large 
une planche me souffle sa musique
Des notes dans les noeuds du bois.





Illustrations Valentine Leboucq
Valentine Leboucq remplit des carnets au cours de ses voyages, mais aussi, à Paris où elle travaille comme graphiste

14 pages illustrées présentées sous forme d'un dépliant sous blister. 
ISBN 978-2-918958-07-9
Prix 8, 50€


<

vendredi 4 avril 2014

un article de Sylvie Durbec sur Pompidou est mort




Quand Sylvie Durbec se met aux pinceaux, c'est Nathalie Guen qui écrit les aventures de Smouroute. Aujourd'hui, elle prend le stylo pour parler de Pompidou est mort, le livre de son amie.






©Didier Leclerc


Un livre bleu.

Un livre comme une lettre, un petit bleu comme on disait du temps de Proust pour désigner un télégramme. Avec des mots comme des dessins et des images comme des mots. Celles de Valentine Leboucq, très belles.

On reçoit ce livre comme une bonne nouvelle, malgré son titre.
À cause de sa couleur, à cause de son élégance.
Nathalie Guen écrit en bleu la mort de Pompidou, le cachalot qui fumait sans les mains.
L’écriture se déplie le long du livre, un leporello recto verso où court l’histoire de Pompidou mais aussi d’une petite fille et de son vélo à qui il manquera toujours les ailes qui permettent de rejoindre les cachalots partis trop tôt, des ailes de poulet.
Toute une famille se déplie le long des lignes, petit frère, père, et ce qui va avec, ou plutôt ce qui est là, mais reste manquant, de la télévision qui donne les nouvelles de la mort de Pompidou, du vélo à qui manquaient les petites roues aux dents que le dentiste arrache sans se rendre compte qu’elles ont une âme, comme certains instruments de musique :
les dentistes c’est pas méchant c’est juste aveugle/des dents/ça vous arrache un bout d’âme sans savoir

Cette écriture de la perte et du deuil n’a rien d’une lamentation, même si Nathalie Guen utilise la forme de la litanie avec la série des ex-votos et des adresses au lecteur :
 Pompidou-moi de là
 Pompidou-vous de là
 Pompidou-nous de là

Toute la finesse du texte tient dans un humour décalé et tendre dont la référence à la mort (celle de Pompidou, mais aussi des escargots et des petits chevaux du dimanche) tient lieu de fil mais aussi et surtout d’avancée dans l’écriture, entre jeux de mots et invention d’une langue à chercher entre l’enfance et aujourd’hui, lieux de la langue dans la bouche, là où, entre les dents, il y a un cheveu blanc sur la langue. Ce cheveu, qui la faisait zozoter dans le passé, c’est le nom de Pompidou et la découverte que fait Nathalie Guen, enfant, que même les présidents sont mortels :
Si même lui mourait alors c’était foutu

Ce premier livre affirme la poésie comme nique à la mort, joyeuse et bleue comme la mer où vont mourir les cachalots qui s’appellent Pompidou, et tous les autres.








Pompidou est mort ( Nathalie Guen )




Le premier mort de ma vie
c’est Georges Pompidou
Je l’ai pleuré à la télé avant de savoir lire
Si même lui mourait alors c’était foutu
J’ai remis des petites roues à mon vélo
 Il me manquait des dents devant
et elles ont repoussé de travers
C’est à cause de Pompidou
il a dit le dentiste
y’a pas d’appareil pour ça
faut la laisser
ça lui passera 


Texte de Nathalie Guen

Après Smouroute (accompagné des dessins de Sylvie Durbec) avec Pompidou est mort,  Nathalie Guen continue l'évocation de son enfance jalonnée des premiers deuils, dans une Bretagne des années 70 où se mêlent les bistrots, la mer, l'école publique, les motobécanes comme autant de fragments d'une époque révolue.


Illustrations Valentine Leboucq

Valentine Leboucq croque tout ce qu'elle trouve, même les cachalots. Elle remplit des carnets au cours de ses voyages, mais aussi, à Paris où elle travaille comme graphiste.



On en parle ici.


14 pages illustrées présentées sous forme d'un dépliant sous blister. 


ISBN 978-2-918958-06-2
Prix 8,50€